Bukavu, 24 août 2025 — Environ 1100 personnes ont été massacrées le 24 août 1998 à Kasika, dans le territoire de Mwenga, province du Sud-Kivu en République Démocratique du Congo. Perpétré par des militaires de la rébellion du Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD), ce carnage avait également emporté le Mwami (chef coutumier) de la chefferie de Luindi et sont épouse enceinte. Tous deux furent ligotés et décapités publiquement.
Le massacre de Kasika a été commis sur près de 60 kilomètres, entre Kilungutwe, Kasika et Kalama en chefferie de Luindi où plus de 1000 civils ont été massacrés sans distinction : hommes, femmes, enfants, membres du clergé et autorités coutumières.
Le Mwami Mubeza III (François Naluindi), chef coutumier de Luindi, et son épouse enceinte, ont été décapités. A l’église paroissiale de Kasika, l’abbé Stanislas Wabulakombe, trois religieuses, un séminariste et plusieurs fidèles exécutés après la messe. Des femmes ont été enterrées vivantes, d’autres violées, mutilées ou torturées.

Selon le Rapport Mapping des Nations Unies, ce massacre a été perpétré par des éléments armés du RCD, soutenus par le Rwanda, en représailles à une embuscade tendue par des Maï-Maï contre les troupes rwandaises (ANC/APR) à Kalambi sur la route Bukavu-Kindu et qui avait coûtait la vie à environ 20 officiers rwandais.
Le Mwami, sommé de livrer les responsables, avait simplement répondu qu’il ne les connaissait pas. Sa réponse a été suivie du carnage. Avant de partir, les soldats avaient pillé trois villages et incendié un grand nombre de maisons.
27 ans après, justice n’a jamais été rendue, mais les survivants maintiennent la lutte: « Le sang de nos familles réclame toujours justice ».
Aujourd’hui encore, la même stratégie de domination par la terreur décriée par l’ONU et les organisations des droits de l’Homme est mise en place par la rébellion du M23 qui, d’ailleurs, est un prolongement du RDC.
Des rapports renseignent que le M23, qui bénéficie d’un soutien logistique et militaire du Rwanda, vise à punir les communautés perçues comme hostiles, à briser toute résistance locale et à imposer un contrôle militaire par la terreur.
Le 20 août courant, l’organisation Human Rights Watch (HRW) a rapporté que « le groupe armé M23, contrôlé par le Rwanda, a exécuté sommairement plus de 140 civils en juillet 2025, majoritairement des hutus, dans au moins 14 villages et petites communautés agricoles [de Rutshuru] dans l’Est de la République démocratique du Congo. »
L’ONG britannique indique que le nombre de personnes tuées sur le territoire de Rutshuru depuis juillet pourrait dépasser les 300 victimes, ce qui représente une des pires atrocités commises par le M23 depuis sa résurgence fin 2021.
Ahana Bryan






